Friday, February 10, 2012

L’accès aux financements agricoles

L’accès aux financements agricoles reste une importante préoccupation en Afrique. Le développement de produits financiers adaptés aux besoins de tous les acteurs de la chaîne de valeur est essentiel pour stimuler une amélioration de l’offre et de la compétitivité du riz local.


Les produits financiers (ex. crédit) doivent être adaptés pour cibler l’emprunteur – il n’existe pas de « crédit standard » pour tous les acteurs de la chaîne de valeur du riz. Par exemple, l’accès limité au crédit de production pour acquérir les intrants améliorant la productivité peut entraver les bonnes décisions.


Sans l’accès adéquat aux produits financiers, les riziculteurs se retrouvent souvent en train de vendre leur paddy à crédit à des commerçants qui pourraient retarder le paiement à ces derniers du fait du manque d’accès à un financement suffisant.


L’absence d’un système de crédit approprié constitue un goulot d’étranglement majeur dans le développement d’une chaîne de valeur bien intégrée pour la production de riz local, qui affecte de façon négative la compétitivité de toute la chaîne.


Les investissements en capital fixe dans les technologies améliorées de transformation, magasin de stockage et équipement agricole nécessitent un financement sur le long terme comparé aux besoins de financement à court terme des crédits pour la production de paddy.


La construction d’infrastructures de stockage (dépôts) nécessitera des produits financiers appropriés en vue de garantir des stocks de riz. Dans de nombreux pays, le riz produit localement se raréfie dans les centres urbains. Pendant que la production de paddy augmente, il faudra promouvoir la disponibilité et la commercialisation sur les marchés pendant toute l’année.


Ainsi, davantage d’investissements devront être faits dans le développement de systèmes de stockage efficaces. Par exemple, des expériences réussies du système de ticket entrepôt pourraient être intensifiées et diffusées à grande échelle.


Des mesures incitatives devraient être données aux usiniers pour faciliter leur accès aux financements pour obtenir l’investissement et le fond de roulement nécessaire pour acquérir et stocker du paddy et du riz blanc.


Des mécanismes de financement adéquats et des infrastructures pour la commercialisation du riz devraient être étendus aux grossistes de riz local.


« Si tous ces principes sont respectés, l’Afrique et les diverses sous-régions devraient être en mesure d’atteindre l’autosuffisance en riz », explique Dr. Aliou Diagne, Chef du Programme sur Politique, systèmes d’innovation et évaluation d’impact au Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice).

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