Friday, November 23, 2012

Promotion des technologies permettant d’économiser de la main-d’œuvre lors de la lutte contre les adventices du riz : Projet Africa RISING -- Exemples de réussites


Les adventices sont une des majeures contraintes de la production rizicole en Afrique subsaharienne. Sans maîtrise, elles peuvent occasionner des pertes de rendement situées entre 28 % et 89 %. 

Un des principaux facteurs est le manque de connaissance et d’informations sur les technologies de gestion des adventices qui  permettent d’économiser de la main-d’œuvre parmi les producteurs et les agents de vulgarisation.

Le lancement du projet sur le « renforcement des capacités locales en gestion des adventices dans les systèmes à base-riz » exécuté par le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), visait à pallier ce manque en promouvant les pratiques de gestion efficientes des adventices et les techniques appropriées disponibles permettant d'économiser la main-d’œuvre en vue de relancer la production de  cette culture.

Il ciblait les partenaires de recherche et de développement (R&D), le secteur privé, et les producteurs impliqués dans les systèmes à base-riz en Tanzanie.


Professionnels et étudiants de la R&D

Le projet a organisé une formation d’une journée à l’Université d’agriculture de Sokoine (SUA) à Morogoro, Tanzanie, pour 22 professionnels de la R&D et 15 étudiants en malherbologie. Cette formation portait sur la lutte contre les adventices et les pratiques de gestion, de même que  sur l’utilisation d’un outil d’identification interactif en ligne, AFROweeds.

L’atelier visait à renforcer le réseautage entre les malherbologues nationaux et régionaux en présentant le réseau africain sur la malherbologie à accès libre : Weedsbook. Ce réseau comprend des chercheurs des organisations de recherche nationales et internationales, des agents de vulgarisation du gouvernement, des professeurs d’universités et des étudiants. 

« Les adventices sont la première contrainte de la production rizicole dans plusieurs pays africains et la promotion des méthodes durables et rentables de lutte dans les systèmes à base-riz est faible. Dans ce projet, outre la volonté de renforcer les capacités, nous avons voulu renforcer le réseau des chercheurs malherbologues et d’autres personnes intéressées par les adventices en vue de faciliter le partage de connaissance et d’informations entre ces acteurs »,  a déclaré Jonne Rodenburg, malherbologue à AfricaRice et leader de l’équipe de recherche.

Le projet a, par ailleurs, organisé une formation pour les forgerons venus de tout le pays sur la fabrication de houes rotatives pour lutter contre les adventices en riziculture de bas-fond en vue de les rendre disponible à grande échelle et à des prix concurrentiels pour les producteurs.
Actuellement, les producteurs utilisent principalement le désherbage manuel ou à la houe qui sont toutes deux des méthodes qui demandent beaucoup de temps et d’énergie. Les houes rotatives sont des outils utilisés manuellement  et qui peuvent facilement être fabriqués par les forgerons locaux en utilisant les matériaux disponibles localement. Ils sont très populaires dans les pays asiatiques mais en Afrique, on ne les trouve qu’à Madagascar.

Trois nouveaux types de désherbeurs ont été fabriqués pendant l’atelier, et deux ont été choisis pour la promotion dans le pays après avoir fait l’objet de davantage de tests en milieu paysan avec les producteurs. Des dessins techniques sont en cours d’élaboration et permettront à plus de forgerons de produire ces désherbeurs.

« Nous voulions renforcer les capacités locales de fabrication des désherbeurs rotatifs adaptés localement pour les producteurs vulnérables de Tanzanie. Nous avons montré les différents désherbeurs mécaniques et les avons ajustés aux conditions ou préférences locales des utilisateurs finaux (le producteur) », a déclaré Rodenburg. 

Le projet a également mis au point des vidéos de paysan-à-paysan sur les technologies de gestion des adventices qui permettent d’économiser de la main-d’œuvre – le désherbeur rotatif en riziculture de bas-fond et une utilisation efficiente et modéré des herbicides.

« Avec les désherbeurs rotatifs, les travaux de désherbage sont réduits de 60–65 % alors que les herbicides les réduisent de 80 %. Cependant, les producteurs n’utilisent pas toujours correctement les herbicides et cela peut avoir un impact néfaste sur leur santé et l’environnement, d’où la nécessité de ces vidéos », a ajouté Rodenburg.

Les vidéos seront traduites dans quatre langues et distribuées à au moins 10 000 producteurs et agents de vulgarisation des zones production rizicole d’Afrique subsaharienne.

Partenaires
Les partenaires principaux du projet étaient : AfricaRice, l’université d’agriculture de Sokoine (SUA), l’Université de Dar es Salaam, Intermech Engineering Ltd, NAFAKA (ACDI-VOCA projet sur les chaînes valeur des denrées de base de Tanzanie), l’Institut de recherche et de formation agricole de  Kilombero (KATRIN), l’Institut de formation agricole de Mbeya (MATI-Igurusi), le Centre de formation agricole du Kilimanjaro (KATC), Centre for Agricultural Mechanization and Rural Technology /le Centre pour la mécanisation de l’agriculture et les technologies rurales (CAMARTEC), le ministère de l’Agriculture,  de la sécurité alimentaire et des Cooperatives (MAFC), IITA, et le World Vegetable Center (AVRDC).


Source

Irmgard Hoeschle-Zeledon (PhD), Coordinatrice, Projet Africa RISING géré  par l’IITA

Remerciements
Les travaux présentés dans ce document ont été financés par l’USAID à travers le projet Africa RISING géré par l’IITA.

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