Friday, March 8, 2013

Les femmes africaines dans la science rizicole : une lueur d’espoir



Son nom rime avec “espoir” et elle en est bien digne. Mme Espérance Zossou est une jeune béninoise doctorante au Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) qui a à son actif de nombreux prix scientifiques dont celui du « Jeune chercheur le plus prometteur » reçu lors du Congrès du riz en Afrique en 2010. Son ambition est d’exceller dans le domaine de la recherche et de mettre son savoir au service de son pays.

Mais pour en arriver là, elle a dû surmonter de nombreux obstacles étant donné qu’elle a grandi dans une société traditionnelle qui accorde beaucoup plus d’importance aux garçons qu’aux filles. « Mes parents étaient peu considérés  dans notre communauté car ils n’avaient que des filles » raconte-t-elle.

« Cependant, mes parents, tous deux intellectuels, nous ont toujours inculqué la notion d’égalité entre garçons et filles dans tous les domaines, notamment l’éducation ». Aujourd’hui, ses parents ainsi que toute sa communauté, sont fiers  de ses réalisations.

Les études de master d’Espérance sur « les innovations technologiques, institutionnelles et organisationnelles déclenchées par une vidéo de paysan-à-paysan sur l’étuvage du riz dans le centre Bénin, ont permis de montrer l’importance des vidéos dans la formation rizicole pour le renforcement de l’apprentissage, des liens et des institutions rurales.

Ces travaux lui ont valu une bourse de la Coopération technique Belge (CTB), Bénin, pour poursuivre ses études de doctorat sur le « Rôle des outils de communication (vidéo et radio rurale) dans la transformation locale du riz et les impacts sur les moyens d’existence et les marchés ruraux ».

AfricaRice est fier d’avoir appuyé des femmes intellectuelles de la trempe d’Espérance. Au cours des  dernières années, le Centre a apporté son aide à Dr Khady Dramé et à Dr Yonnelle Moukoumbi, toutes deux lauréates du programme L’Oréal-UNESCO pour les femmes dans les sciences.

Le Centre est activement engagé dans le programme « Femmes africaines dans la recherche et le développement agricoles ». Il coordonne également les Bourses mondiales pour la science rizicole (GRiSS) en Afrique qui offre aux jeunes Africains, y compris aux femmes, l’opportunité de devenir experts dans une  discipline scientifique et d’avoir une compréhension plus élargie des obstacles qui affectent la science rizicole pour le développement.

Le nouveau plan stratégique d’AfricaRice prévoit davantage de renforcement des capacités de recherche en Afrique d’ici 2020, grâce à des bourses en doctorat et en Master (au moins 30 bourses par an, dont le tiers accordé aux femmes, un pourcentage qui avait déjà été atteint par AfricaRice en 2010) et des formations dans des domaines spécifiques à travers des stages et des formations de groupe.

« Ces efforts de renforcement des capacités permettront de façonner une nouvelle génération de chercheurs et d’agents de vulgarisation rizicoles, au moins 30 % de femme en Afrique » a indiqué Dr Marco Wopereis, Directeur général adjoint.

Mettant l’accent sur l’urgence de tels efforts, il a souligné qu’une étude menée en 2008 dans les 22 pays membres d’AfricaRice à l’époque, a révélé que seulement 250 à 275 chercheurs, dont seulement 15 femmes, étaient impliquées dans une certaine mesure dans la recherche rizicole.

« En célébrant aujourd’hui les réalisations des femmes à l’occasion de la Journée mondiale de la femme, nous espérons avoir plus de femmes chercheurs comme Espérance en Afrique pour nous aider à aborder les importantes questions  relatives à la sécurité alimentaire, au développement pacifique et à la réduction de la pauvreté sur le continent » a déclaré Dr Rita Agboh-Noameshie, chercheur et responsable du Groupe d’action Genre dans la recherche et le développement rizicoles à AfricaRice.

Le Groupe d’action Genre est en train de mettre en œuvre un programme de renforcement des capacités intégrant le genre pour les points focaux genres nationaux et les acteurs pertinents de la filière riz en vue de renforcer leurs capacités à faire face efficacement aux défis liés au genre dans les activités de R&D rizicoles.

« Bien que les femmes sont très impliquées dans les activités rizicoles dans les systèmes traditionnels de riz pluvial, de mangrove et de plateau en Afrique,  il y a très peu de femmes chercheurs. Il y a donc un grand risque de laisser échapper les perspectives plus larges requises pour le développement des technologies adéquates pour  avoir un impact concret » a expliqué Dr Agboh-Noameshie.

« Le Groupe d’action Genre va offrir aux jeunes femmes chercheurs prometteuses davantage de possibilités de poursuivre leur carrière dans les sciences agricoles » a-t-elle ajouté

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