Saturday, March 7, 2020

AfricaRice réaffirme son engagement en faveur de l'égalité des genres à l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme 2020




AfricaRice tient compte des besoins et des préférences spécifiques des femmes et des hommes impliqués dans la chaîne de valeur du riz pour la mise au point des technologies rizicoles pour parvenir à un développement équitable et durable. Cette approche a été adoptée en vue d'aborder la question des écarts entre les genres en termes d'accès aux technologies et aux connaissances rizicoles améliorées.

Pour célébrer la Journée internationale des droits de la femme 2020 (8 mars), la présidente du Comité des Programmes du Conseil d'administration, le Directeur général et des représentants du personnel de recherche d'AfricaRice partagent leurs points de vue sur la manière dont la recherche peut contribuer à l'égalité des genres et à l'autonomisation des femmes.

Inclure une dimension genre dans la recherche

[La nécessité de mettre au point des technologies agricoles sensibles au genre pour l'autonomisation économique des agricultrices et des transformatrices]
À Bukan Sidi, dans l'État de Nasarawa, au Nigeria, l’activité d'étuvage du riz était traditionnellement dominée par les hommes. Cette situation a changé lorsqu'un système d'étuvage du riz amélioré et adapté aux femmes, appelé GEM, a été introduit par AfricaRice par le biais du projet financé par la Banque africaine de développement (BAD) : « Appui à la recherche agricole pour le développement des denrées stratégiques en Afrique (SARD-SC) ». La GEM a aidé les transformatrices de riz de la région à générer des revenus. Plus de 1 000 transformatrices ont été formées à l'utilisation de cette technologie. Subséquemment, les femmes de Bukan Sidi produisent et vendent maintenant du riz de bonne qualité en utilisant la GEM et gagnent de l'argent. Une de ces femmes m'a dit : « je suis heureuse maintenant car je peux obtenir plus d'argent en étuvant le riz, et le dépenser pour ma famille. Maintenant, mon mari me demande mon avis avant de prendre une décision concernant la famille ». L'autonomisation économique a eu un impact positif sur le statut des femmes dans la communauté car elles ont gagné en respect et ont désormais une voix dans leurs foyers.
- Abiba Omar Moussa, chargée du transfert de technologie, Compact riz du Projet TAAT de la BAD, dirigé par AfricaRice


[La nécessité de sensibiliser les communautés agricoles sur ce que signifie l'autonomisation des femmes]
Dans une étude menée par AfricaRice sur l'accès à la terre dans le village de Yatia, district de Faranah, en Guinée, on a demandé aux femmes pourquoi elles voulaient posséder des exploitations agricoles séparées de celles de leurs maris. À cela, une agricultrice a répondu : « Dans les conditions actuelles, j'appartiens à mon mari, donc tout ce que je possède doit lui revenir ». Une telle déclaration a conditionné les discussions au niveau communautaire avec les hommes et les femmes, en précisant que l'autonomisation des femmes n'est pas synonyme de confrontation avec les hommes, mais un moyen de contribuer au bien-être socio-économique du ménage. En conséquence, les agriculteurs de cette communauté se sont engagés à céder des terres agricoles aux femmes. En outre, un magasin commun de stockage de grains appelé « NERICA » a été construit grâce aux revenus de la vente du riz NERICA cultivé dans les champs des femmes. Cela nous a montré que l'une des premières étapes dans la poursuite de l'égalité des genres est de sensibiliser les communautés agricoles sur ce que signifie l'autonomisation des femmes.
-        Maïmouna Ndour, assistante de recherche en sociologie à AfricaRice

[La nécessité que les chercheurs prennent en compte les nuances des rôles socioculturels des hommes et des femmes afin de peaufiner des stratégies des projets]
Lors d'une réunion de revue d'un projet d’aménagement du paysage en Guinée que je dirigeais dans ma fonction précédente, nous avons remarqué que parmi les agriculteurs, seuls les hommes étaient assis devant et prenaient la parole, tandis que les femmes étaient assises derrière et étaient silencieuses. Lorsque les membres du comité de revue ont invité les agricultrices à s'exprimer, elles ont refusé. Mais, étonnamment, une femme a expliqué : « dans notre communauté, ce sont les femmes qui prennent toutes les décisions concernant l'alimentation dans nos foyers. Nous laissons nos hommes transmettre ce que nous leur avons dit ». Cette révélation sur les rôles socioculturels des hommes et des femmes a conduit les agents du projet à rechercher les besoins des agricultrices et à les impliquer plus activement dans l’aménagement du paysage. Cela a abouti à une augmentation de leurs revenus et un changement positif dans l'attitude de la communauté. À présent, à AfricaRice, nous mettons l'accent sur la même approche : comprendre les besoins des femmes et des hommes pour s'assurer que les ménages et les communautés bénéficient durablement de nos interventions dans le secteur rizicole.
-        Dr Harold Roy-Macauley, Directeur général d'AfricaRice


[La nécessité d’impliquer les agricultrices dans les activités liées à la biodiversité agricole, car elles jouent un rôle important dans la conservation et le maintien de la diversité des cultures]
En ma qualité de présidente du Comité des Programmes du Conseil d'administration d'AfricaRice, j'ai récemment visité l'Unité des ressources génétiques (GRU) du nouveau Centre de biodiversité du riz pour l'Afrique à M’bé en Côte d’Ivoire, qui détient la plus grande collection d'accessions de riz africain au monde. Il s’agit d’un point de référence en Afrique pour la biodiversité du riz, dirigé par une chercheuse africaine dévouée :  Dr Marie-Noelle Ndjiondjop. Une des jeunes femmes travaillant au GRU, qui s'occupait de choisir méticuleusement les meilleures semences, m'a expliqué qu'elle était issue d'une famille d'agriculteurs et qu'elle cultivait également du riz. Partageant sa passion, elle a déclaré : « j'aime ce travail car il m'aide à comprendre l'importance de la diversité du riz. Peut-être que cette graine contient la réponse aux problèmes que nous rencontrons au champ. En étant ici, en tant qu’agricultrice, je comprends mieux comment nous pouvons travailler avec les chercheurs pour sélectionner ensemble des variétés de riz bien adaptées ». Interagir avec elle m'a fait comprendre qu'une telle implication est vitale pour atteindre nos objectifs de recherche.
-        Dr Sophie Thoyer, Présidente du Comité des Programmes du Conseil d'administration d'AfricaRice


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